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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1814.fois le pont de Lesmont, q ai a été rétabli le 30 janvier ; mais Marmont,chargé de protéger notre marche, est resté sur la rive droite, et n'aplus d’autre ressource que celle de franchir la Voire à Rosnay. Assaillipar les vingt-cinq mille Bavarois du général de Wrède, Marmont sesouvient de Hanau : l’épée à la main, il passe sur le corps de ses infi-dèles alliés, et le même jour il arrive à Arcis.

Le 1" février, Bruxelles avait été évacué. Ne pouvant plus sauver laBelgique envahie par Bernadotte , Maison était réduit à défendre piedà pied la frontière de la Flandre . Eugène, que l’agression de Joachim aforcé, le 4, de se replier de l’Adige sur le Mincio, y attendait les Au-trichiens. Murat avait dit au général Giffienga, aide de camp d’Eugène :« Aujourd’hui, je dois ma couronne à l’Autriche, et à l’Autriche seule :elle pouvait la rendre à la reine Caroline ; elle a mieux aimé me la con-server. En conséquence, je la servirai fidèlement et chaudement,comme j’ai servi l’Empereur.... » Joachim était trompé sur tout, mômesur sa nouvelle fidélité.

Cependant Napoléon apprend, le 3 février, à Piney, entre Brienne et Troyes, que le lendemain le congrès doit s’ouvrir; toute l’Europe diplomatique et toute l’Europe militaire sont réunies contre lui. Si laposition avait été changée de Prague à Francfort , elle l’est bien davan-tage de Francfort à Chàtillon ; de plus, l’Angleterre est représentée àce congrès par quatre plénipotentiaires. Cela seul indique au duc deVicence , que l’Angleterre réclame la prépondérance pour traiter, et quec’est à elle qu’il doit s’adresser. Mais il n’en fut pas ainsi; les habitudesde Prague prévalurent ! Comme il n’est déjà plus question à Chàtillondes bases de Francfort, le duc de Vicence demande d’autres pouvoirs;Napoléon résiste longtemps aux exigences de sa situation, aux souvenirset aux instances de ceux qui l’entourent ; enfin il donne carte blanche àson plénipotentiaire « pour conduire la négociation à une heureuseissue, sauver la capitale, et éviter une bataille où sont les dernières es-pérances de la nation. »

Ainsi le duc de Vicence n’a plus les mains liées, et par cette carteblanche, il lui est bien déclaré que le salut de la France dépend d’une paixou d’un armistice à faire dans quatre jours. Et en effet, les souverains al-liés venaient d’arrêter définitivement à Brienne la marche sur Paris parles deux rives de la Seine. Macdonald, repoussé du pays de Liège , étaitdéjà à Meaux , où il retenait les fuyards; il avait dù, le 5, évacuer