HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1814. 337
Chàlons devant le général York. Blücher s’était séparé de ses alliéspour agir isolément sur la Marne. Dans le but de l’atteindre, Napoléon ,après avoir, le 3 et le 4, marqué son mouvement de retraite par debrillantes affaires d’avant-garde, et avoir forcé l’ennemi de se repliersur Bar-sur-Aube, était parti de Troyes . Cependant la tristesse se ré-pandait dans les rangs de nos soldats, qui n’avaient pas l’habitude dereculer devant l’ennemi. « Où nous arrêterons nous? » disaient-ils ausortir de Troyes : ils ne savaient pas qu’ils marchaient au secours deParis .
Le 7, Nogent est mis à l’abri d’un coup de main par la rupture dupont et de promptes dispositions. Mais les courriers de Paris et les ai-des de camp du duc de 'Parente viennent annoncer la nouvelle de lamarche de Blücher sur la capitale, par la grande route de Chàlons . Lesalut ou la perte de la France dépendent maintenant du congrès deChàtillon; Napoléon a donné à son plénipotentiaire la mesure du périlpublic, en mettant entre ses mains le sort de l’état : il a été six heuresà s’y décider. Il reçoit à Nogent, sous la date du 6, une lettre par la-quelle M. de Vicence lui accuse réception de la carte blanche expédiéela veille de la ville de Troyes ; ce ministre se plaint de n’ètre pas éclairétouchant le danger dont parle l’Empereur, et il demande des instruc-tions positives sur les sacrifices qu’il faut consentir. Ces instructionsétaient toutes dans la carte blanche. D’ailleurs lord Castlereagh, ayantfait déclarer à la première conférence riu’il n’y aurait point de discussionsur le code maritime, s’était proclamé, par cela seul, l’autocrate du con-grès. C’était donc avec le chef du cabinet de Londres qu’il fallait s’en-tendre. M. de Metternich se tenait à Chaumont auprès de son souverain.Cependant, après les protestations de la plus haute raison et du cou-rage le plus inflexible, après les révoltes d’un coeur généreux et livréaux plus cruelles angoisses, déterminé enfin par le seul intérêt de lapatrie dont il crut entendre la voix, Napoléon s’est décidé à abandonnerla Belgique et la rive gauche du Rhin, l’italie, le Piémont, l’Allemagne ,Gènes, etc. Il doit signer cette dépêche le 9, à sept heures du matin;mais à cinq heures, il a reçu un rapport sur les mouvements des ar-mées russe et prussienne. A la lecture de ce rapport, une illuminationde génie s’est emparée de lui; le duc de Bassano l’en trouve entière-ment préoccupé. « Ah! c’est vous.... » dit l’Empereur, qui lui voit dansles mains la dépêche pour Chàtillon. « 11 s’agit d’autres choses, ajoute-
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il.