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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1814. 389

tout à coup il fait volte-face et prend position dans la plaine de Vaux-Champs; il se retrouve encore à l’avant-garde, ayant derrière lui Na-poléon avec son armée en bataille. Il est huit heures du matin : Blücher ,étonné, voudrait refuser la bataille; mais, attaqué soudain par notrecavalerie qui se précipite sur les carrés prussiens, les enfonce et lesdisperse, la retraite qu’il ordonne n’est plus qu’une fuite. Lui-même,le soir, enveloppé avec son état-major, il ne peut se dégager que le sabreà la main et à la faveur de l’obscurité. Marmont continue la poursuitetoute la nuit. Napoléon retourne coucher à Montmirail ; il envoie huitmille prisonniers russes et prussiens porter à Paris les bulletins de cetteglorieuse semaine. Il peut se rappeler la fameuse campagne de cinqjours qui marqua ses premiers succès en Italie ; d’autres vont encoreillustrer ses derniers combats en France .

Les deux routes de Chàlons sont balayées par les troupes françaises dix fois victorieuses; maintenant Napoléon est appelé sur les routes dela Seine , où s’avance Schwartzemberg, tandis que Mortier et Marmontrestent gardiens des avenues de Chàlons . Le 15, l’Empereur marche surMeaux avec sa garde et le corps de Macdonald ; il prévient Victor etOudinot que le lendemain il débouchera derrière eux par Guignes.Le 16, c’est à leur canon que l’Empereur se rallie, ils se battaient dansla plaine de Guignes : sa présence arrête l’ennemi, qui était bien éloi-gné de le croire si près de lui. Schwartzemberg, avec ses cent cinquantemille hommes, avait à la fin forcé les ponts de Nogent, de Bray, deMontereau , et s’avançait plein de sécurité sur Nangis, dans l’espoird’arriver à Paris avant Blücher : l’émulation de ces deux généraux estprématurée. Le 17, Napoléon attaque Schwartzemberg devant Nangis;les dragons venus d’Espagne avec le général Treilhard contribuent ausuccès de cette journée. Schwartzemberg, vaincu comme Blücher ,éprouve la déroute la plus complète : Oudinot et Kellermann poursui-vent les Russes jusqu’à Nogent; Macdonald, les Autrichiens sur Bray;et Gérard, les Bavarois, qu’il écrase à Donne-Marie et à Villeneuve.Victor a l’ordre de s’emparer le soir même du pont de Montereau ; etNapoléon va coucher au château de Nangis, dans la confiance que Mon-tereau est occupé par ses troupes ; il espère alors forcer Schwartzem-berg à une bataille rangée.

Le 17, dans la soirée, un officier autrichien se présente aux avant-postes; il vient demander une suspension d’hostilités. Napoléon saisit

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