344 HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1814.dans Paris ; et que des lettres émanées de Louis XVIIT sont mystérieu-sement parvenues aux principaux personnages de l’empire. Il sait quele duc de Berry est à Jersey, le duc d’Angoulème à Saint-Jean-de-Luz avec l’armée anglaise, et le comte d’Artois en Franche-Comté . Aussi,à son entrée à Troyes , il a rendu un décret qui prononce la peine destraîtres contre tous ceux qui auront arboré les insignes de l’anciennemonarchie. Cependant, dans cette môme ville de Troyes , l’empereurAlexandre avait déclaré à M. de Vitrolles , que les alliés n’épousaientpas la cause de la maison de Bourbon , que ce négociateur officieuxvenait plaider auprès de lui; les autres souverains tenaient le mêmelangage. A Chàtillon, on avait également affirmé au plénipotentiairefrançais, que le comte d’Artois était arrivé à Vesoul , sans en prévenirles puissances , sans leur assentiment, et qu’il allait repartir.
Dans l’espoir de tirer un grand parti de sa nouvelle situation , Na-poléon s’occupe de sa suspension d’armes. Les alliés se sont retiréssur Bar-sur-Aube , d’où le prince de Sclnvartzemberg fait proposerLusigny pour la négociation. Le point le plus difficile à décider étaitla ligne d’armistice. Napoléon demanda qu’elle s’étendit depuis Anvers jusqu’à Lyon ; cette demande étonna les alliés. En attendant leur ré-ponse , Napoléon se livrait aux espérances que devait lui donner l’es-pèce d’empressement que la coalition avait montrée pour une trêve ,lorsque, dans la nuit du 26 au 27 , il découvre l’énigme de cette atta-que de Méry, suivie si rapidement d’une retraite de la part des Busses.Ceux-ci étaient la nouvelle avant-garde d’une autre armée de cent millehommes, récemment formée par Blücher des différents corps descen-dus de la Belgique . Cet infatigable général, présent à l’échauffouréedu pont de Méry , où il venait de recevoir une blessure , avait voulu,pour la seconde fois, rallier le prince de Schwartzemberg ; mais la dé-route de ce dernier, après Nangis et Montereau , ayant détruit cettecombinaison, le général prussien l’avait remplacée en reprenant unprojet plus hardi et plus brillant, celui d’arriver seul à Paris par les deuxrives de la Marne . En effet, devant lui Marmont s’était vu forcé d’éva-cuer Sézanne le 24 ; Mortier se retirait également de Soissons , et cesdeux maréchaux se reployaient sur la Ferté-sous-Jouarre. Loin de selaisser abattre par un événement aussi inattendu, Napoléon se retrouvaau contraire dans son élément naturel, les grandes difficultés. La pluspressante à surmonter est sans doute celle de masquer son départ et