1814.
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HISTOIRE DE NAPOLEON . —défenseur à un accusé sans espoir, et cet interprète était le sénat. Cecorps avait fait depuis vingt ans ses preuves de complaisance et de do-cilité. Imperturbable instrument des volontés de Napoléon , et accabléde ses bienfaits, il n’avait pas appris, dans la longue habitude de ren-dre des services et d’en recevoir le prix , la générosité qui resserre lesliens de la fidélité aux serments envers le prince abandonné de la for-tune. Convoqué par M. de Talleyrand , et sous la présidence de ce mi-nistre , en qualité de vice-grand électeur de l’empire, le sénat fournitd’urgence à cette convocation une minorité choisie , laquelle , en raisond’une délibération convenue, nomma un gouvernement provisoire,composé de MM. de Talleyrand , de Beurnonville, de Jaucourt, deDal-berg, et de l’abbé de Montesquiou. Les constituants se trouvèrent enmajorité dans le gouvernement provisoire, circonstance qui leur inspirale faux espoir auquel ils se laissèrent entraîner ; car on doit croire,à leur honneur, qu’ils rêvèrent alors la Erance de 1790. Soit poussépar de hautes instigations, soit excité par les souvenirs amers d’uneambition déçue, M. Bellard prit sur lui, comme président du conseilgénéral du département de la Seine , de proclamer que la capitale de-mandait le rétablissement de la famille royale, et en effet, il pouvaitbien déclarer pour Paris, avec le conseil général, ce que trois Français avaient déclaré, en présence des chefs de la coalition, pour toute laFrance . Mais tel n’était pas encore le vœu connu des souverains alliés;ils n’avaient spécifié que la déchéance de Napoléon et l’œuvre d’uneconstitution qui. convint à la France. Le procès de Napoléon était perdu ;celui de la maison de Bourbon n’était pas gagné.
Dans la soirée du 31, le duc de Vicence , d’après les espérancesdonnées la veille à Bondy , obtenait l’audience de l’empereur Alexandreet remplissait sa mission. Mais le prince de Schwartzemberg, trans-formé par lui-même en ministre de la contre-révolution, avait faitsignifier au plénipotentiaire de Napoléon qu’il n’était toléré à Paris que comme parlementaire. On alla même jusqu’à lui demander saparole d’honneur qu’il n’agirait en aucune manière, soit auprès desautorités, soit auprès des individus. Pour mieux trancher la question,on inséra dans le Moniteur du 2 avril la note suivante : « Le duc deVicence , s’étant présenté auprès des souverains alliés, n’a pu par-venir à s’en faire entendre. Ses propositions n’étaient pas celles queles puissances avaient le droit d’attendre, surtout d’après la manifesta-