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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1844. 371

du jour, dans la ligne des ennemis : elles étaient parties avec ardeurdans l’espoir qu’on les menait au combat ! Bien qu’aucune illusion n’a-busàt les plénipotentiaires sur cette irréparable aventure, ils engagèrentle maréchal à faire tout ce qu’il croirait devoir tenter pour tenir la pa-role qu’il leur avait donnée à Essonne, renouvelée à Cbevilly et à Paris .Midi était déjà sonné ; ils n’avaient pas un moment à perdre pour pa-raître chez l’empereur Alexandre ; ils dissimulèrent autant que possibleleur dévorante anxiété ; car tous leurs efforts seraient vains si Alexandreapprenait cette défection. Ce prince les accueillit aussi bien que la nuitprécédente , et la conversation avait repris un cours favorable , quandun officier se présenta et parla en russe à l’empereur : Nous sommesperdus, dit tout bas le duc de Yicence au maréchal Macdonald, l'empe-reur sait que le corps de Marmout a passé, Alexandre sortit un moment,puis il rentra. Mais la discussion des articles , presque approuvée dansla conférence de la nuit, ayant recommencé, donna lieu de la part dece souverain à une foule d’objectious : la défection du premier corpsavait tout changé. La suite de l’entretien fut remise à cinq heures ; onparla avec chaleur de l’armée et de ses sentiments : « Messieurs, ditl’empereur avec vivacité, vous faites sonner bien haut la volonté del’armée, et vous n’ignorez pas que le corps du duc de Raguse a passéde notre côté ; d’autres sont encore dans les mêmes dispositions : onest las de la guerre. Nous ne voulons que le bonheur de la France :peu nous importe son gouvernement, s’il la rend heureuse. Nous ne vou-lons aujourd’hui que ce que le vœu national a déjà proclamé. Il repoussela régence, comme il a repoussé l’empereur Napoléon. Je vous déclaredonc que nous ne pouvons admettre que son abdication absolue; à cettecondition seule, vous pouvez regarder la paix comme faite. Nous nous en-gageons à faire assurer à l’empereur Napoléon une existence indépen-dante et convenable sous tous les rapports. » Les plénipotentiaires serécrièrent en vain contre cette étrange détermination, si différente desespérances qui leur avaient été données. Ils combattirent vivement laconséquence que l’empereur tirait de la défection du sixième corps, etaffirmèrent qu’elle ne serait suivie d’aucune autre. Efforts inutiles !L’arrêt européen venait d’être prononcé par Alexandre en l’absence deFrançois II , mais de concert avec le gouvernement provisoire. Les plé-nipotentiaires durent se résigner à retourner à Fontainebleau pourporter à l’empereur Napoléon la nouvelle décision du vainqueur.

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