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Tome second.
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390 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1814, 4815.tiers par un ministre, et ce ministre était l’accusé de Baylen! Trois millevétérans, mutilés dans les guerres de la république et de l’empire ,allaient, en mendiant, porter à leurs villages les nouvelles du chan-gement de système ; chassés de l’hôtel des Invalides , ils avaient été tousremplacés par des Vendéens et des chouans.

Dès le dernier mois de 1814, Napoléon dut se sentir entraîné versla France parle mécontentement qu’elle éprouvait. Cependant ce ne futpas de la nation qu’il reçut l’inspiration de rompre son exil et de con-cevoir l’audacieux projet d’ajouter à l’histoire de la conquête de l’Eu-rope celle de la conquête de la France . Si des officiers , dont plusieursde l’ancienne garde , avaient formé une conspiration, afin de changerl’état des choses, cette conspiration, dans laquelle trempait Fouché ,n’avait pas la restauration de Napoléon pour objet. L’idée de reveniren France, qui tout à coup prit sur Napoléon la force d’une résolu-tion, lui vint d’abord de Paris par la seule lecture du Moniteur, quil’avertit que le moment de son retour était arrivé, comme la lecturedes gazettes de Francfort, à Alexandrie , lui avait donné autrefois lesignal de son départ d’Égypte . Des lettres de Vienne , ainsi que de sonbeau-frère Joachim, à qui il avait pardonné, et qui avait des agentsauprès du congrès, le fortifièrent dans sa pensée, en lui annonçantle dessein proposé aux alliés par les ministres français , de le surpren-dre à l’ile d’Elbe et de le transporter à Sainte-Hélène. Il fit alors desdispositions pour mettre Porto-Ferrajo en état de défense. Pendantqu’on s’en occupait, deux nobles Anglais , indignés d’un projet detrahison dont la honte retomberait sur leur nation , quittèrent Vienneet vinrent donner à Napoléon des détails qui lui dévoilèrent l’immi-nence de son péril. Quelques personnes crurent que c’était un piègebritannique, pour faire encore de Napoléon l’ennemi commun, en leforçant de se montrer dans une attitude menaçante. D’ailleurs , outreles lumières qu’il avait acquises de l’étranger, Napoléon savait aussique le gouvernement royal de France ne voulait plus exécuter le traitéde Fontainebleau , ce qui remettait en jugement la révolution et l’em-pire. Quant au complot ourdi contre lui par les membres du congrès ,il était absolument ignoré à Paris, où les partisans de Napoléon , tom-bés pareillement sous le poids de la disgrâce européenne , n’avaientplus aucuns moyens de connaître ce qui se passait au dehors. Ceuxd’entre eux que l’on a proscrits connue les conspirateurs de son re-