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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 4815.et flétri son pavillon. Si cet acte se consommait, ce serait en vain queles Anglais voudraient parler désormais de leur loyauté, de leurs loiset de leur liberté. La foi britannique se trouvera perdue dans l’hospi-talité du Bellérophon . J’en appelle à l’histoire : elle dira qu’un ennemi,qui fit vingt ans la guerre au peuple anglais , vint librement dans soninfortune chercher un asile sous ses lois. Quelle plus éclatante preuvepouvait-il lui donner de son estime et de sa confiance? Mais commentrépondit-on en Angleterre à une telle magnanimité? On feignit de tendreune main hospitalière à cet ennemi ; et quand il se fut livré de bonnefoi, on l’immola !

« Napoléon .

« À bord du Bellérophon , à la mer. »

Ainsi Napoléon s’était tout à coup vu enlevé à l’Europe et à la bien-veillance publique du peuple anglais par un arrêt clandestin. A cetteépoque s’était formé, parmi les officiers de l’illustre proscrit, un projetqu’on pourrait bien appeler la conspiration du désespoir. La grandesalle du vaisseau était tapissée d’armes suspendues : il y en avait à peuprès pour cinquante personnes. Les braves qui avaient survécu à tantde batailles, et surmonté tant d’obstacles réputés insurmontables,s’élançant tous ensemble jusqu’au capitaine, et s’emparant des armes ,auraient fait main basse sur les premiers qui eussent voulu leur résister,et se seraient rendus maîtres du vaisseau. Dans le cas où la victoire leureût paru impossible à espérer, ils devaient mettre le feu aux poudres,et s’ensevelir avec l’Empereur dans le naufrage commun. Napoléon sembla d’abord adopter ce hardi complot, mais sa raison ne tarda pointà le rejeter. « Les Anglais , dit-il, feront un bourra sur moi ; ils m’en-lèveront malgré vous et malgré moi, et j’aurai la douleur de vous voirtous périr sans pouvoir vous défendre. Loin de moi cet affreux spec-tacle ! il me poursuivrait jusqu’à mon dernier soupir. »

Le 4 août l’on appareilla, et le Bellérophon , qui n’était point équipépour une course lointaine, croisa vers l’est dans la Manche , jusqu’àce que le Northumberland , destiné à l’expédition de Sainte - Hélène,fût prêt à recevoir le captif européen . Ce bâtiment était à Ports-moutb.

Le 6, le Bellérophon, au lieu d’attendre le Northumberland dansl’excellente rade de Torbay , mouilla à côté dans la mauvaise baie de