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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1815-1821. 499

Elisa, rappelle Napoléon à cette idée fixe de sa lin prochaine. « Je n’aiplus ni forces, ni activité, ni énergie ; je ne suis plus Napoléon , dit-ilà son médecin. Vous cherchez en vain à me rendre l’espérance, à rap-peler la vie prête à s’éteindre. Vos soins ne peuvent rien contre ladestinée; elle est immuable. La première personne de notre famille quidoit suivre Élisa dans la tombe est ce grand Napoléon qui végète, quiplie sous le faix, et qui pourtant tient encore l’Europe en alarmes! »Il ne se trompait pas. En effet, les révolutions d’Espagne et de Naples ,qu’il apprit au mois de janvier 1820 , avaient porté au plus haut degréles alarmes qu’inspirait à l’Angleterre celui qu’elle retenait commeenchaîné dans une prison inaccessible , entouré de tous côtés par destroupes nombreuses, et dominé en outre par deux camps assis à droiteet à gauche sur deux mamelons les plus élevés de l’ile. Cette frayeurétait si grande, qu’elle semblait encore animer sir Walter Scott , lors-qu’il écrivait en 1827 : « On ne saurait calculer l’effet qu’aurait puproduire son nom dans ce moment de commotion générale ; mais cequi est certain , c’est que les conséquences de son évasion auraient ététerribles; le ministère, sachant quelle action un génie semblable exer-cerait au milieu des éléments du désordre, avait enjoint au gouverneurde Sainte-Hélène de redoubler de vigilance. » Napoléon se mourait dejour en jour, pendant que lord Batliurst, le voyant déjà l’épée à lamain au milieu de l’Italie , enivrée de revoir sou libérateur, prescrivaitau docile Hudson Lovve et à l’amiral qui commandait la station deSainte-Hélène la plus grande précaution pour empêcher l’évasion duprisonnier. Qu’on juge de son sort, puisque toutes les rigueurs em-ployées contre lui devaient encore s’accroître pour calmer la frayeurque ce nouvel Annibal causait à la nouvelle Rome !

L’année 1821 a commencé sous de funestes auspices. Napoléon dé-cline de moment en moment ; n’importe ! un pied déjà dans la tombe,il s’occupe encore de l’Europe et de son avenir ; il parle de l’Italie enhomme qui avait sur elle de grands et de justes desseins ; il regretteamèrement de n’avoir pu faire de la péninsule une puissance unique etindépendante que son fils eût gouvernée. Dans le mois de février, unecomète parut au-dessus de Sainte-Hélène ; Napoléon songea d’abord àcelle de Jules César , et sembla prévoir que sa propre mort était pro-chaine. Tout ce qui l’environnait le pressait d’aller voir ce phénomène ;mais instances inutiles ; un seul de ses officiers gardait le silence :

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