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ENTRETIEN
SUR. LE TRAITE VI.
DE LA DEFENSE.
’A y dit autre part, qu’il n y avoit en l’hom-me rien de íi naturel que la défense , lors qu’ilcroit estre offensé, soir en effet, en son corps& en ses biens, ou feulement de parole ; & leressentiment qu’il en conçoit par la connoif-sancc du mal qu’il s’imagine, le porte à la recherche desmoyens de s’cn venger , ou de s’oppofcr à l’oppreíîìon & à laforce de son ennemy. Ce n’eff pas fans sujet que la colere s’ymeíle quelquefois par l’opiniondu tort qu’il a reccu, ouqu’onluy veut faire , puisqu il n’y a rien ue plus raisonnable.
Tous les autres Animaux fuient la contrainte Sc la violen-ce , & Dieu leur a donné à tous des armes qu’ils ne quitentjamais, pour estre à toute heure prests à fe défendre contrepeux qui les voudroient attaquer, ou leur voudroient nuire.
L’homme, à qui Dieu a donné la raison pour se condui-re , seroit estimé moindre que les bestes, s’il manquoit decœur pour se défendre, lors qu’il est attaqué Lc opprimé, ayantpour se défendre l’vsage des armes, dcsquelles il peut se ser-
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