zro L* ART UNIVERSEL
vir, scion qu’ellcs feront propres à repousser la violence qu‘on
luy fait.
Il a plus de justice & de droit de les employer pour se dé-fendre, que n’en a celuy qui s'en sert pour l’attaquer : car laíìn de son ennemy est de le détruire & le perdre , s'il peut , &la sienne est de se maintenir & conserver par la défense ; &dans la necesiité où il se trouve, il montre avoir plus de vertu& de courage que celuy qui Patraque , estant le propre d'vnhomme de cœur de s‘opposer à ce qui luy est injurieux ; &cqui ne le feroit pas, passeroit pour vn lasche , puisque l'atta-que est souvent sans justice & fans raison. Mais la défensene Test jamais, à moins que ceux qui font attaquer ; ne soientdes ennemis déclarez , ou des traistres, des séditieux, ou des re-belles: car pour lors la justice ôcle droit est du costé de 1 atta-que, puisque les Assiégez sont criminels,& ont offensé leurSouverain ; & leur résistance est plus vne fuite du chastimcntqu’ils méritent, q u'vne véritable défense.
De quelque sorte que ce soit, quand vne Place est aíïìegée j 1elle est dans le dernier de ses malheurs, puisqu’elle se volt ré-duite à souffrir beaucoup, & peut-estre à tout perdre.
Le (Gouverneurqui connoist bien luy-mesme, quec’cst vnechose bien importune & fascheuse de se voir enfermé par vnpuissant Ennemy,sans espérance de secours, ni d’aucune com-munication , doit dissimuler fa peine , donnant courage , ôtgrande efperance , tant à ses gens qu'aux Bourgeois, leur fai-sant sçavoir que la Place est pour tenir long-temps, puisquepar ses foins rien ne manque aux munitions de] bouche, nide guerre , & que les Ennemis ne font pas en si grand nom-bre, ny fi puissms qu’on les croit; & qu’ilfaut leur faire voir, 1qu’ils se prennent a des personnes qui ont assez de cœurpourleur donner de Pexercice.
La premiere chose qu’il doit faire , c'est de mettre vn bonordre pour bien défendre les dehors, & y résister de toute fa