112 MÉMOIRES DE NAPOLÉON.
3° L’intérêt de la république était l’opposéde celui de l’Angleterre ; si elle eût fait la paixdans cette circonstance, elle l’eût faite aprèsune campagne malheureuse, elle eût rétro-gradé par l’effet d’une seule campagne ; cela eûtété un déshonneur, et un encouragement auxpuissances de se coaliser de nouveau contre elle.Toutes les chances de la campagne de 1800 luiétaient favorables : les armées russes quittaientle théâtre de la guerre; la Vendée pacifiée ren-dait disponible une nouvelle armée; les factionsétaient comprimées dans l’intérieur, et la con-fiance était entière dans le chef de l’état. Larépublique ne devait faire la paix qu’après avoirrétabli l’équilibre de l’Italie ; elle 11e pouvait,sans compromettre ses destins, signer une paixmoins avantageuse que celle de Campo-Formio.
A cette époque la paix eût perdu la répu-blique, la guerre lui était nécessaire pour main-tenir l’énergie et l’unité dans l’état, qui étaitmal organisé ; le peuple eût exigé une granderéduction dans l’impôt et le licenciement d’unepartie de l’armée ; de sorte qu’après deux ansde paix, la France se fût présentée avec un granddésavantage sur le champ de bataille.
4° Napoléon avait alors besoin de guerre : lescampagnes d’Italie , la paix de Campo-Formio,les campagnes d’Égypte , la journée du 18 bru-