MÉMOIRES I)E NAPOLÉON.
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Milan . Le saint-siège répondit par d’impuis-santes menaces : il était évident que la longa-nimité de l’empereur , qui contrastait avec soncaractère, avait accrédité à Rome l’idée qu’il re-doutait les foudres de l’Église. Pour détruire cettefolle croyance , il ordonna à un corps de 6,000hommes d’entrer à Rome , sous prétexte de serendre à Naples , et d’y séjourner. Il donnapour instruction particulière au général quicommandait cette expédition , de montrer leplus grand respect pour la cour du Vatican , etde ne se mêler de rien : il fit en même tempsinsinuer que, lorsqu’il osait faire occuper Rome ,c’est qu’il était décidé à tout , et ne serait pasarrêté dans des affaires temporelles par des me-naces spirituelles ; qu’il fallait que le faible eûtrecours à la protection du fort.
La cour de Rome était en délire : les moni-toires , les prières , les sermons, les notes cir-culaires au corps diplomatique , tout fut mis enœuvre pour accroître le mal ; elle déploya toutesses armes spirituelles pour la défense de sontemporel : mais la portée de toutes avait étécalculée par le cabinet de Saint-Cloud . Enfin ,au commencement de 1808, l’empereur écrivitau pape qu’il fallait que cela finît, et que si,sous deux mois il 11’avait pas adhéré au traitéde fédération avec les puissances d’Italie , il re-