216 mémoires de napoléon.
assez de puissance pour empêcher aucune ré-publique, aucun prince, de les réunir sous sonautorité. Trois choses s’opposaient à ce granddessein : i° les possessions qu’avaient les puis-sances étrangères; l’esprit des localités ; 3° leséjour des papes à Rome .
Dix ans s’étaient à peine écoulés depuis laconsulte de Lyon , que le premier obstacle étaitentièrement levé : aucune puissance étrangèrene possédait plus rien en Italie ; elle était toutentière sous l’influence immédiate de l’empe-reur. La destruction de la république de Venise ,du roi de Sardaigne, du grand-duc de Toscane ,la réunion à l’empire du patrimoine de saintPierre, avaient fait disparaître le second obsta-cle. Comme ces fondeurs qui, ayant à trans-former plusieurs pièces de petit calibre en uneseule de les jettent d’abord dans le hautfourneau pour les décomposer , les réduire enfusion ; de même, les petits états avaient étéréunis à l’Autriche ou à la France , pour êtreréduits en éléments, perdre leurs souvenirs,leurs prétentions, et se trouver préparés aumoment de la fonte. Les Vénitiens, réunis pen-dant plusieurs années à la monarchie autri-chienne, avaient senti toute l’amertume d’êtresoumis aux Allemands ; lorsque ces peuplesrentrèrent sous la dénomination italienne, ils