7<j MEMOIRES J)E NAPOLÉON.
janissaires et des spahis du Caire , mais nousconnaissions et redoutions beaucoup l’habiletéet l’impétueuse bravoure des Mamelucks . L’ar-mée française fut rangée en bataille , dans lemême ordre qu’à Chebreiss, la gauche ap-puyée au Nil , la droite à un grand village. Legénéral Desaix commandait la droite , et il luifallut trois heures pour se former à sa positionet prendre un peu haleine. On reconnut le campretranché des ennemis , et on s’assura bientôtqu’il n’était qu’ébauché. C’était un ouvragecommencé depuis trois jours, après la bataillede Chebreiss. Il se composait de longs boyaux,qui pouvaient être de quelque effet contre unecharge de cavalerie, mais non contre une atta-que d’infanterie. Nous vîmes aussi , avec debonnes lunettes, que leurs canons n’étaientpoint sur affût de campagne, mais que c’é-taient de grosses pièces en fer, tirées des bâti-ments et servies par les équipages de la flottille.Aussitôt que le général en chef se fut assuréque l’artillerie n’était point mobile, il fut évi-dent qu’elle ne quitterait point le camp retran-ché , non plus que l’infanterie; et que, si cettedernière sortait, elle se trouverait sans artil*lerie. Les dispositions de la bataille devaientêtre une conséquence de ces données; on ré-solut de prolonger notre droite, et de suivre le