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Tome cinquième.
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MEMOIRES HE NAPOLÉON.

du destin. Ce qui inspirait le plus de crainte,c’est que, dans la nuit, la nouvelle se répandit(}ue les Français étaient passés à Boulaq et l’a-vaient brûlé, ainsi que Djizé; que l’avant-gardeétait à la Porte de Fer, qu’elle brûlait et tuaittout ce qu’elle rencontrait et qu’elle enlevaitdes femmes. Voici ce qui donna lieu à ce bruit :quelques soldats de marine de l’armée de Mu-rad-bey, qui étaient dans un petit bâtimentdans le port d’Embabeh, voyant la déroute,mirent le feu au bâtiment qu’ils montaient. Eusecond lieu, Murad-bey quittant Djizé, or-donna qu’on remorquât le grand bâtiment quise trouvait devant son palais, pour qu’il pûts’en servir pour remonter le Nil . On le remor-qua à une petite distance, mais il arriva dansun endroit où il n’y avait pas assez d’eau etéchoua. Il était chargé de munitions de guerre.Murad y fit mettre le feu, et les flammes s’éle-vèrent jusqu’aux deux. Les habitants du Caire voyant les flammes s’élever de Djizé et de Bou-laq , se persuadèrent que les Français brûlaientces deux endroits; cette erreur augmenta letumulte. Les grands, les officiers des janis-saires, les chefs des chérifs et les cheiks sorti-rent de la ville pendant la nuit. Le peuple,à cette vue, ne savait quelle résolution pren-dre , on manquait à tel point de montures,