RELATION ÉGYPTIENNE. 3lf)
qu’un àne boiteux ou un cheval maigre se ven-daient le triple de leur valeur. Le plus grandnombre sortait à pied, on en voyait portant leurseffets sur la tète, suivis de leur femme , qui por-tait elle-même leur enfant. Ceux qui avaient lemoyen de se procurer des montures faisaientmonter leurs femmes et leurs filles et marchaientdevant elles. La plupart des femmes, à pied,portant leurs enfants sur leurs épaules, pleu-raient dans l’obscurité, et passèrent ainsi toutela nuit du samedi au dimanche. Chacun avaitpris de richesses ce qu’il avait pu emporter.Passé les portes de la ville et une fois parve-nus dans la campagne, ces malheureux fugitifsfurent attaqués et dépouillés entièrement parles Arabes et les habitants des villages. On neleur laissait pas même de quoi cacher leur nu-dité; les richesses que les Arabes enlevèrent auxfuyards s’élevaient au dessus de celles qui pou-vaient rester dans la ville, car les choses pré-cieuses appartenaient aux grands qui les avaientprises avec eux et auxquels arrivèrent ces mal-heurs.
Lfi§ Arabes dépouillaient et déshonoraientles femmes. C’était la plupart des femmes desgrands. Il y en eut de tuées. Il y en eut qui re-vinrent sur leurs pas. Ceux qui avaient tardé àsortir rentrèrent dans la ville. Cette nuit n’avait