320 MÉMOIRES DE NAPOMïON.
jamais eu île semblable, depuis que le Caire existait, et personne n’en avait vu de pareille.L’oreille entend raconter des choses que l’oeiln’a jamais vues.
Le dimanche matin, les habitants ne sachantque devenir, attendaient l’arrivée des Français .On apprit qu’ils étaient restés sur la rive occi-dentale, et que les feux qu’on avait vus étaientceux des bâtiments. Les ulémas et les cheikss’assemblèrent dans la mosquée d’Asary et tin-rent conseil. Ils résolurent d’envoyer une lettreaux Français pour connaître leurs intentions.Ils remirent leur lettre à un barbaresque quisavait leur langue et lui adjoignirent un seconddéputé. Tous deux revinrent peu de temps aprèset annoncèrent qu’ils avaient vu le général enchef des Français , et. lui avaient remis la lettrequi avait été interprétée par le drogman et dontle sens était: « Que voulez-vous? » Lorsque legénéral en chef l’eut comprise , il répondit parle moyen du drogman : « Où sont vos grands et« vos cheiks? Pourquoi n’ont-ils pas paru, afin« de prendre des dispositions pour assurer le« repos; » ensuite, il sourit aux envoyés qui luidirent : « Les chefs nous ont envoyés pour vous« demander quartier; il répondit. Dès le com-« mencement nous leur avons envoyé le par-« don. » (Il voulait parler de l’adresse citée plus