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Tome cinquième.
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MEMOIRES DE NAPOLÉON .

décorés, le peuple et l’armée vous respecteront.Les cheiks répondirent : Mais aux yeux de nosfrères les musulmans et de Dieu , nous seronsavilis. Le général se fâcha et parla dans sa lan-gue: il disait que le cheik Cherkavi n’était pasdigne d’être chef du divan, et autres paroles.Les cheiks implorèrent pour lui et demandèrentqu’on n’exigeât pas cela d’eux. Bonaparte leurdit: Si vous ne voulez pas cette décoration, ilfaut que vous portiez la cocarde sur la poitrine,ce signe s’appelle Rose. Ils demandèrent à réflé-chir; on leur accorda douze jours. Le cheikS^dat arriva après le départ des autres. Il s’assitauprès du général, celui-ci lui sourit, lui dit desparoles flatteuses par le moyen du drogman, luifit cadeau d’une bague en diamant et le priade revenir le lendemain; il lui fit apporter unecocarde qu’il plaça sur sa poitrine. Le cheik nedit rien, ils causèrent un peu ensemble , etpuis il se retira. Une fois dehors, il ôta la co-carde, parce que c’est contraire à la religion.On publia qu’il fallait que le peuple portât cettecocarde, qui est la marque de la soumission etde l’amitié. La plupart ne la portèrent pas,croyant qüe c’était contraire à la religion, d’au-tres la portèrent de crainte de ce qui pourraits’ensuivre.

Ce même jour, vers trois heures après midi,