300 L’ART UNIVERSEL’
relie, leGouverneur les feragasteren secret,jettant les poudres dansl’eaujoulcs consumant petit à petit, rompre les armes qu’ils ne pour-ront porter crever les canons: ce qui doit estre fait devant la capi-tulation, puis qu’on ne doit point tirer en ce tcmps-là. Pour crever vncanon, ou autre picce à feu, il y a diverses maniérés ; la première, deles emplir de poudre jusques à la bouche : la seconde, d’y mettre parforce vn tampon de bois bien dur ; Sc la troisième, aprés y avoir mis labaie , y pouffer à force vn fer qui sc dilate, pour n'en sortir qu’avec vio-lence. 11 bruslcra les assulls, Sc ne laiíïera à l’Ennemy que ce qu’il n’aurapû emporter ou perdre.
f ordre de la sortie a u jour arresté , sera de mettre dans la grandeplace tous les soldats en bataille, d’où ils doivent sortir en bon ordre ,le bagage marchera au milieu, Sc le Gouverneur, avec les Chefs prin-cipaux , demeureront les derniers avec la Cavalerie-, Sc l’efcorte ira àl’avantgarde , Sc fur les ailles, Sc encore en queue, selon les lieux qu’ondoit palier , pour tenir en alfcurance ceux qui sortent , jusques à ccqu’ils soient où on les doit rendre, [selon qu’il eíl convenu par le traité jSc en mesme temps que ceux de la Place sortiront par vne porte, lagarnison qu’on met dedans, entrera par vne autre porte.
Mais lors que l’on est; pris par vn a Haut auquel on n’a pù résister, ilfaut promptement scrctirer auChastcau, s’il y en a vn, 6c làontascherade traiter avec l’Ennemy, &d’en tirer la meilleure composition qu’onpourra. S’il n’y a point de Chastcau, Sc qu’on ait vne sortie libre dcquelque collé: Sc particulièrement, si l’on craint vne mauvaise com-position, ou d’estre maltraité des Ennemis ,il faut demander deux outrois jours pour aviser à ce qu’on aura à faire , Sc pendant cc temps-li,prendre avec soy le plus beau Sc le meilleur, Sc se retirer en quelquelieu a fleuré, abandonnantla ville, puisque la vie est plus précieuse quetout cc qu’on y laisse.
CE QVE L'ON DOIT F J IRE, LOR^S QV É
l’Ennemy leve lefîege.
Q Uand le courage LL la résistance des Assiégez obligent l’Enne-.my à lever le siégé : si on est averty, ou que l’ons’en apperçoivequelque temps auparavant, on pourroit faire quelque sortie sur l’ar-riere-garde,supposé qu’on creùty avoir quelque avantage : quoy-queplusieurs estiment , SC c’est mon sentiment , qu’il ne faut jamaisfaire insulte à son Ennemy, lors qu’il se retire ; mais lel aisscr couler dou-cement avec joye, puisqu’il vous remet Sc vous laisse dans vostre pre-