s’était permis de molester les habitants de l’Elsgau et no-tamment les bourgeois de Porrentruy et de Saint-Ursanne ,ceux-ci ne supportèrent pas longtemps les vexations de cechevalier. Ils firent flotter leur bannière aux champs,quelques centaines d’hommes libres se rangèrent à l’ombredu noir sanglier, tandis qu’un plus petit nombre marchasous la protection de l’ours de St-Ursanne . Tous ensemblese ruèrent sur Montvouhai, emportèrent le château, lepillèrent, maltraitèrent les femmes et les serviteurs duchâtelain, et firent ce qu’on avait coutume de faire en pa-reille occasion.
Jean Senn de Munzigen mourut alors, et son successeur,Jean de Vienne , plus porté pour la noblesse que pour sessujets, n’eut rien de plus pressé que de réparer le mal etle dommage que ces derniers avaient causé au sire deSaint-Aubin, comme lui d’origine bourguignonne. Il luipromit en conséquence une somme de 500 florins de bonor, et voici comme il s’exprime dans l’acte daté du châteaude Porrentruy, le 13 janvier 1378, et scellé de ses armes :
« Nous Jehan, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège deRome evesques de Basle, faisons scavoir à tous ces que ver-ront et orront ces lecttres, que comme au tems de bonnemémoire nostre prochain et dernier prédécesseurs evesquesde Basle, les bourjois et habitants des villes de Pourrentruet de Sainct-Ursanne et les sergents des dictes villes etchastelainie et de la mairie de St-Ursanne, de leur volun-teis à toutes puissance et, à bannières des dictes villes a hus-sent pris et fait entrey à forse ou chastey et fourteresse deMontvouhay, a donc estant et appartenant à noble hommemous Symon de St-Albin, chevalier, et lesquels bourgeois,habitants, serjeans, ensemble les justices des dictes Ailleschastelainie et mairie firent grief domaige au dîct chastel,qu’ils défermerent, prirent, et empourterent les meublesestant au dict lieu, et ont outragé, vitupéré et outé (faire