populaires, parce qu’en les brusquant on n’aurait rien ob-tenu. C’était encore la recommandation que faisait le papeGrégoire-le-Grand en 591, lorsqu’il envoyait des mission-naires chez les Anglo-Saxons ( 4 ).
Beaucoup de temples païens furent convertis en égliseschrétiennes; on continua de vénérer même des statuespaïennes, qu’on alla jusqu’à métamorphoser en saints.L’interprétation des anciennes croyances se confondit chezces peuples ignorans avec la nouvelle religion, au pointd’en défigurer la simplicité et la pureté ( fl ). Beaucoup depratiques païennes se sont même perpétuées jusqu’à nosjours. Les lieux où les druides avaient tenu leurs assem-blées , restèrent destinés à l’usage de certaines réunionspopulaires, et de là vient évidemment la tenue des plaidsgénéraux, dans la forêt qui environnait la Pierre-Percée.
Près de ce monument druidique existait alors un tilleullongtemps renommé, et plusieurs chênes, dont on voyaitquelques restes il y a peu de temps. L’un d’eux servait defourches patibulaires, et on y exécutait de suite les senten-ces rendues par les cours de justice.
Le pays d’Ajoie était divisé en cinq mairies principales,comprenant chacune plusieurs villages ( s ). Celle d’Aile pa-raît remonter à une haute antiquité, et ce village appar-tient certainement à l’époque celtique (*). Aussi le maired’AlIe et ses jurés ou assesseurs étaient seuls en droit deparaître aux plaids généraux avec l’épée et le manteau,Le maire portait en outre le sceptre de justice en bois d’é-bène, surmonté d’une main d’argent. Ailleurs, c’était unsimple bâton blanc ( 5 ).
(') GregoriiMagni, XI, épis. 76. Bedæ hist. eccles. Angl., I, 50.
(’) Grimm, Deutsche Mythologie. — Reinard. — Ducange.
( 3 ) Ces mairies étaient celles d’Alle, Bure , Chevenez , Courtedoux etCœuve .
( 4 ) Mémoires de Bochat, t. III.
( 5 ) Recueil des anciens codes de l’év. de Bâle , man. par J, G. Quiqucrez.