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Bourcard d'Asuel : légende du XIIIme siècle : ancien évêché de Bâle / par A. Quiquerez
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des affaires du temps ; et souvent un narrateur, monté surun banc, faisait le récit de ses voyages, sans trop sinquié-ter si la vérité était en souffrance. Aussi, était-il dusage delinviter à boire à la fontaine voisine, lorsque lhistoire de-venait par trop invraisemblable.

Le lundi de Pâques de lannée 1740, les Ajoulots, irri-tés des continuelles déceptions dont ils étaient les jouets,tantôt de la part du prince, tantôt de celle de lempe-reur, qui, harcelé denvoyés des deux partis, ne savaitplus lequel blâmer ou soutenir, se portèrent en massecontre Porrentruy , munis de leurs remontrances écriteset armés de hallebardes, darquebuses, et autres instru-mens, comme ils avaient lusage de le faire, lorsquils es-cortaient leurs commis à lassemblée des Etats.

La ville, ne sachant trop ce que ces gens armés voulaientfaire, jugea prudent de fermer ses portes, cest-à-direcelles de St-Germain et de Courtedoux , les autres étantmurées ou barricadées. Les bourgeois prirent les armes etoccupèrent la tour de lhôpital, la plate-forme de léglise,le bastion de la Boucherie, les tourelles, les murailles, en-fin tous les postes du côté de St-Germain. Mais, à leurcontenance , il était facile dobserver quils étaient peu hos-tiles aux campagnards et ne fermaient leurs portes quepour prévenir quelques désordres.

Par contre , linquiétude et la crainte régnaient au châ-teau : Jacques Sigismond de Rheinach, dont le nom soit àjamais honni, fit pointer ses canons sur le lieu de rassem-blement de ses sujets, quil appelait rebelles, parce quilsne voulaient pas abandonner leurs franchises aux capricesde quelques ministres étrangers ; on vit fumer des mèchesaux fenêtres de la Tour-du-Coq, les fauconneaux d'alar-me de la Tour-Réfouse laissèrent voir leurs bouches noir-cies , entre ces mêmes créneaux , jadis sétaient appuyésles Romains, les Bourguignons, les Allemands et bien