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Nous avons déjà cité les tilleuls de St-Vincent de Cor-nol et le chêne de Delémont (*) dans le cours de cet ou-vrage; nous avons fait mention du tilleul de la Pierre-Percée dans la notice sur ce monument druidique ; nousné citerons qu’en passant le sapin de Montfaucon qui servaitde limite à l’Elsgau, selon le rôle de 1508, et le chêne deBerchwil à la prévôté de Moutier, comme nous l’apprendle rôle de 1461. Nous n’avons qu’un mot à dire sur le til-leul de Berne ou l’on tenait les plaids de cette mairie dèsune époque fort reculée.
La plupart de nos anciennes églises avaient leurs portailsombragés de tilleuls, mais il n’en reste plus guère de bienanciens que celui de Tavannes, probablement planté avantla réforme. II faut aussi observer que dans notre climatfroid on ne voyait guère que des tilleuls, tandis qu’enFrance et dans les contrées plus méridionales c’était presquetoujours des ormes.
Si l’on en croit la tradition, un de nos arbres les plus re-marquables par son antiquité et sa célébrité serait le chênede saint Fromont. La légende nous apprend que ce pieuxcénobite, cherchant à s’établir dans les montagnes désertesdu Jura avec saint Ursanne, son compagnon, arriva sur lasommité du Mont-Repais, près de l’antique chapelle deSt.-Martin.
Indécis sur le lieu où il fixerait sa demeure, il en référaà Ursanne , qui ne trouva rien de mieux que de confier àDieu le soin de leur indiquer leur futur domicile. LesFrancs et autres peuples Germains , en arrivant dans lesGaules , prenaient possession du pays en lançant leur hacheou framée sur cette terre ennemie ; longtemps après eux,comme nous l’apprend le rôle du 9 mars 1562, les habitansdu Jura avaient encore le droit de se créer des métairies, en
(') Un ancien tableau de celte ville, en 1487, représente ce chêne, quiexistait encore au commencement de notre siècle.