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Je dois d’abord témoigner ma gratitude à feuM. l’avoyer de Mulinen qui, le premier, en 1827,m’a permis l’accès des archives déposées à Berne , etensuite à plusieurs membres du gouvernement actuel,qui ont bien voulu m’accorder toutes les facilités queje pouvais désirer dans mes recherches; MM. leschancelier et archiviste ont également eu pour moiune obligeance dont je leur serai toujours reconnais-sant. Tous ont contribué à me laisser pénétrer dansce sanctuaire des temps passés, rappelant fidèle-ment ce que nos ancêtres ont fait de siècle en siècle,le mal comme le bien, les/œuvres pies comme lescriminelles. Là aussi, comme dans l’éternité, il n’ya plus de distinction de rangs ni d’états : le despoteFrédéric Barberousse est couché sous de pauvresvassaux main-mortables ; le pape Hildebrand reposeà côté d’Henry IV , qu’il laissait geler dans les fos-sés de Canosa ,• Louis XIV et ses orgueilleux di-plômes sont confondus dans la même liasse avec quel-ques actes de vente de bétail ; des indulgences avecles écrits de Calvin ou de Zwingli ; un procès de sor-cellerie repose sous une canonisation de saint; le li-vre de sang, renfermant les sentences de la courcriminelle, dresse fièrement sa couverture rouge àcôté du livre de vie d’une abbaye; ici, c’était le jugequi donnait la pâture au bourreau; la, c’était lemoine recevant la fortune des familles, sous le nomde quelque saint vénéré.