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Bourcard d'Asuel : légende du XIIIme siècle : ancien évêché de Bâle / par A. Quiquerez
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ce quil pouvait, sans se mettre en peine de ses co-pro-i priétaires, et bien moins encore de la misère des sujets.

| Cétait alors le bon vieux tems pour la noblesse et le clergé,et le siècle de fer pour le peuple , qui souffrait presquau-tant de laccord de ses maîtres que de leur désunion,puisquil en résultait toujours pour lui la souffrance etlesclavage.

Pendant que les villageois étaient dans linquiétude surle sort de leur moisson, fruit de douze mois de labeurs,le curé de Charmoille sortit du village, précédé de quel-ques enfans portant la bannière et leau béni le, et suividu sacristain, armé dune grosse arbalète et de quelquesflèches renfermées dans une trousse poudreuse. Ils en-tonnèrent le psaume Miserere mei Dem , et se dirigèrentvers la chapelle de Saint-Imicr, les paroissiens serendirent pendant que leur pasteur bénissait larbalète etles carreaux. Le sacristain fit alors jouer le cranequin,tendit la corde de fils, plaça le vire ton dans la coche de lanoix, et lorsque le prêtre, qui priait à haute voix, eutrépété pour la troisième fois : Iterum adjuro vos, grandineset tempestâtes , etc., la flèche partit et disparut dans lanue.... Chacun se signa et dit : Amen, lorsque la cérémo-nie de conjurer le temps fut achevée (I).

Les cloches de Saint-Imier et de Saint-Etienne sonnaientencore; le curé rentrait au village en récitant quelquesprières; le soleil sétait caché derrière les noirs sapins duFahy , et ses rayons ne rougissaient plus que des nuagessombres et menaçans, qui déjà couvraient toute la plaine,lorsque, du côté opposé, séleva une autre tempête nonmoins redoutable pour les pauvres campagnards. BourcarddAsuel savançait à la tête de ses hommes darmes, etparmi ces gens couverts de fer, on apercevait les jeunesfils du baron, quil menait ainsi à la proie, comme laigle