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Bourcard d'Asuel : légende du XIIIme siècle : ancien évêché de Bâle / par A. Quiquerez
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convers, secondés des valets de labbaye, se prirent à fairela même opération que les hommes darmes du baron et lesAugustins.

Par ma foi, sécria enfin le chevalier dAsuel , vousfaites, ce me semble, trop belle besoigne et vous veulxaider et pourrez adonc nourir vos povres en leur donnantune fois du vostre ( 1 ).

Et aussitôt que les charrettes des moines furent char-gées de blé, il fit un signe à ses gens qui renversèrent lesvoitures du monastère.

La nuit était arrivée, lorage approchait, le tonnerre fai-sait entendre ses sinistres roulemens, précédés deffroya-bles éclairs, et les vassaux gémissaient en voyant leurrécolte prête à périr par suite de cette querelle. Mais lebaron et les moines ne sen inquiétaient nullement ; tandisque le convoi du chevalier savançait vers Asuel , les Ber-nardins faisaient relever leurs charrettes, rattacher lesgerbes déliées, tout en continuant de se disputer avecBourcard et ses gens, jusquà ce que ceux-ci tentèrentune seconde fois de renverser leurs charriots. Alors lesmoines ne se contentèrent plus de les défendre avec desparoles; ils firent avancer les valets du monastère, lesarmèrent de bâtons ferrés quil avaient tenus cachés , et

(') On a vanté les charités que fesaient les monastères ; mais il faut savoirque dans lévêché de Bâle les trois quarts des terres en culture apparte-tenaient à lévêque ou aux corporations religieuses, et le quart restant separtageait encore entre les riches bourgeois et les cultivateurs. En 1794, lequart des propriétés allodiales, dans le pays dAjoie, actuellement le dis-trict de Porrentruy, était évalué à deux millions cinq cent raille livrestournois, et les paysans, qui nen avaient quune partie, payaient annuel-lement soixante-seize mille livres dintérêts, ce qui représente un capitaldun million cinq cent vingtmillelivres.Faut-il alorssétonner de la misère dupeuple, et quétait-ce alors que les aumônes distribuées par les monastèresen comparaison de ce quils retiraient du pays? Extrait de la MatriculedAjoie et des notes à lappui, par J.-G. Quiquerez , conseiller des financesdu prince-évèque de Bâle .