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Bourcard d'Asuel : légende du XIIIme siècle : ancien évêché de Bâle / par A. Quiquerez
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ils les rangèrent en face des hommes dAsuel que le baronavait munis de cordes nouées, ne voulant pas se servirdautres armes.

De par Dieu , dit Bourcard, puisque sont ainsi deléslun lautre, il convient les laisser besoigner un petit....Par saint Nicolas! allez sus, mes bons serjeans!

Les gens du baron se mirent à charger ceux de labbayeà coup de corde, plus rudement que les moines ne sétaientjamais donné la discipline. Les Bernardins invoquèrentNotre Dame de Lucelle ; les valets du couvent répondi-rent à lappel en frappant sur les coiffes et aubergeonsdes gens dAsuel qui riaient de leurs vains efforts, se mo-quaient des cris des nonnains, « les jappaient épouvan-» tablement, si quils tombaient tous jus. eut grand» hutin, dur et fier, et y furent donnés et reçus moult» horions de poings et de cordes, voire mesme dautres» bâtons de guerre, et tantôt furent déconfits les nonnains» et versés les jambes à contremont. Ainsi advient sou-i) vent les fortunes en armes et en amours, plus merveil-» leuses quon ne les pourrait penser ne souhaiter ( 1 ). »

La tempête venait déclater, et la pluie tombant partorrens , sépara les combattans. Le baron reprit le chemindAsuel en suivant ses voitures chargées ; les Bernardinssen retournèrent tout meurtris et trempés par lorage,pendant que les pauvres paysans répétaient leur complainteen voyant leur moisson inondée par la pluie, et hâchée parla grêle.

Peu de jours après, une dispute semblable eut encorelieu près de Cornol , pendant que les moines levaient ladîme; la querelle séchauffa même davantage : il se batti-rent jusque devant léglise de Saint-Vincent, et sous lesmurs dAsuel , ils recueillaient aussi certaine redevance.

La première faute est toujours celle qui coûte le plus à

(') Ancienne chronique.