BASSIN DE L ADOUR.
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» sud-ouest, et les formes, comme les dimensions, en sont infiniment» plus variées, sans que l’abondance des individus y soit moins ex-» traordinaire. Les échinodermes ne nous offrent encore aucune» espèce commune, et un tiers même des genres ne se trouvent» qu’au sud-ouest, où les espèces, à l’inverse des polypiers, atteignent» en général de beaucoup plus grandes dimensions, et sont souvent» très remarquables. Les annélides, très variées dans le bassin de» l’Adour, ne paraissent pas non plus avoir d’analogues dans le nord.» Les mollusques conchifères, dont nous avons constaté que le» quart au moins des espèces étaient très communes, de même que» les gastéropodes, se trouvent, relativement à ces derniers, dans des» rapports numériques inverses au nord et au sud; c’est dans les» deux arrondissements de Dax et de Bayonne que ceux-ci atteignent» seulement les § du nombre des acéphales. » Enfin , les poissonssont représentés par quatre espèces non décrites appartenant auxgenres Lamna, Oxyrhina, Notidanus et Myliobates; on sait quece dernier n’a pas encore été rencontré au-dessous du terraintertiaire.
Les différences entre les faunes nummulitiques des deux extré-mités du versant septentrional des Pyrénées sont beaucoup plusprononcées que celles qui existent entre chacune d’elles et la faunetertiaire inférieure des bassins de la Seine , delà Belgique et de l’An-gleterre, situés à des latitudes de 5 à 7 degrés plus au N., ce quinous fait présumer qu’il existait alors une banquette sous-marineou peut-être un isthme étroit qui rendait incomplète, ou intercep-tait même tout à fait la communication directe des eaux de l’ouestavec celles de l’est, formant ainsi deux golfes profonds au lieu d’undétroit ou d’un bras de mer comme on l’admet assez généralement.
Les fossiles du gisement de Bos-d’Arros, près de Pau , à 20 lieuesenviron à l’est de Biaritz , et que JI. Alex. Rouault (1) a décrits, jus-tifient complètement ce que nous venons de dire sur le peu de rap-port des faunes orientale et occidentale du versant du nord desPyrénées et sur la grande analogie au contraire de cette dernièreavec la faune tertiaire inférieure du nord de la France ; mais làcesse la ressemblance, car il n’y a qu’un petit nombre d’espèces quisoient à la fois communes aux environs de Pau et de Biaritz . Dansla première de ces localités il y a peu de polypiers, peu d’annélides,