M
crétacée du nord, malgré les Nummulites que renferment toujoursplusieurs de leurs couches. On verra plus loin quel est l’horizonprobable de ces dernières.
Si, pour suivre l’ordre chronologique des publications, nous Remarquesinterrompons un instant l’exposition des faits relatifs h la ré- lheo " fllu ' s 'gion orientale du versant nord des Pyrénées , afin de rechercherles idées émises sur la question théorique qu’ils avaient sou-levée, nous pourrons opposer aux géologues qui admettent deschangements brusques et complets à certains moments de la vie duglobe l’opinion de M. Élie de Beaumont (1), qui « pense que, si la» série des terrains fossilifères était entièrement connue, on n’v trou-» verait nulle part, entre les fossiles de deux étages immédiatement» superposés, une différence plus essentielle que celle qui existe en-» tre deux étages tertiaires consécutifs. » En effet, les soulèvementsqui sont survenus pendant l’époque tertiaire, et qui les ont séparésles uns des autres, ayant été au nombre des plus violents, ils doi-vent avoir été aussi les plus propres à occasionner une grande dif-férence entre les deux faunes qui, avant et après chacun de cessoulèvements , ont peuplé une même portion de la surface duglobe. Or un certain nombre d’espèces étant communes à deuxformations tertiaires successives, on ne voit pas pourquoi il n’enserait pas de même entre les terrains tertiaire et secondaire. S’ilexiste dans la série générale des terrains des lignes de démarcationpaléontologiques parfaitement tranchées, c’est, suivant le célèbregéologue, parce que certaines faunes intermédiaires sont encoreinconnues , ou à peu près, et le groupe nummulitique lui paraîtdestiné à combler une de ces lacunes, celle qui existerait dans le nordentre la période de la craie blanche et celle de l’argile plastique.
Nous ferons remarquer ici que dans le nord-ouest de l’Europela lacune existe toujours, aussi bien entre la craie blanche et lespremiers dépôts tertiaires qu’entre la craie supérieure de Belgique et des bords de la Baltique et ces mêmes dépôts tertiaires. Le pa-rallélisme des petits lambeaux de calcaire pisolitique du bassin dela Seine avec la craie supérieure, d’après ce que l’on sait aujour-d’hui de leurs fossiles, ne change rien à la question, et zoologique-ment il n’y a pas plus de rapport entre les derniers dépôts crétacésdu nord et les premiers sédiments tertiaires qui les recouvrent, qu’il
(I) Bull., 2 e sér., vol. IV, p. 562 , 1847.