63
que nous avions donné de leur extension verticale et géographique;car pour lui « les localités nummulitiques du Vicentin, de la vallée» de Glaris , des Diablerels, de la vallée de Sixt, d’Entrevernes, des» environs de Gap, du col de Lauzanier, du cap de la Mortela, des» environs de Gênes, de Biaritz , de la Navarre, du flanc méridio-» nal du Mont-Perdu, de la vallée d’Essera en Aragon , et autres» qu’il a visitées de 1826 à 1838, appartiennent toutes à un seul» et même étage de terrain ; mais il est porté à croire que le ter-» rain nummulitique, dont le dépôt, à en juger par l’énorme épais-» seur qu’il présente, lorsqu’on y comprend le vaste système des» grès à Fucoïdes ou flysch qui le recouvre généralement (vallée» de Barcelonnette, environs de Gap, canton de Glaris , etc.), doit» avoir embrassé un très long espace de temps, est postérieur, au» moins en partie, non seulement à la craie blanche, mais même à» la craie de Maëslricht et au calcaire pisolilique (1). »
L’un des motifs qui avaient d’abord engagé M. Leymerie à placerles couches nummulitiques dans la formation crétacée était l’ab-sence présumée de la craie blanche dans le midi; mais M. N. Bou-bée (2) a constaté que la craie blanche, caractérisée par 1 ’Ostreavesicularis , Lamk., et l’ Ananchytes ovata, id., existait en dehorsdelà chaîne des Pyrénées , et que c’était au-dessus que venait lesystème nummulitique placé aussi par lui dans le terrain secon-daire, et cela par des motifs dont la valeur nous paraît contestable.Ainsi il se fonde sur ce que les couches à grandes Nummulites( iV. complanata, N. spissa, N. moneta et Orbitolites papyracea )ne seraient jamais horizontales, et que, par conséquent, ellesont dû être dérangées par le soulèvement des Pyrénées , lequelétant postérieur à la craie et antérieur aux premiers dépôts ter-tiaires, suivant l’une des opinions controversées, obligerait de ran-ger ces mêmes Nummulites dans la période crayeuse. On conçoitd’abord que, le soulèvement des Pyrénées n’étant pas le dernier quiait affecté le pays, il faudrait démontrer que les couches en ques-tion ont été dérangées par lui et non par d’autres plus récents,quoiqu’en réalité la question ne soit pas là, personne ne niant
(1) On verra plus loin que les bancs nummulitiques, qui renfer-ment les espèces dont les analogues se retrouvent dans la formationtertiaire inférieure du nord, occupent constamment la base de la for-mation, au-dessous du flysch et du macigno.
(2) Bull., 2 e sér., vol. IV, p. 570. 1847.