presque complètement (1). Le calcaire à Nummulites constitue lamasse supérieure de la dent de Morde et des Diablerets, et se suit parles cols de Sanetscli, de Rawyl et de la Gemmi, jusqu’à la partiesupérieure du lac de Thun, puis dans la chaîne de Brienz , surcelle de Gadmen , dont le Tillis fait partie, dans les montagnes deSchwitz et de Glatis, et entre ce dernier canton et le Rhin anté-rieur. Un dépôt de schistes gris, souvent très épais, s’étend dansbeaucoup d’endroits sur le calcaire à Nummulites. Ces roches,semblables au véritable flysch du Valais et des Grisons , renfermentaussi pour seuls fossiles des Fucoïdes très voisins du Fucuides in-tricatus. C’est ici que l’auteur propose pour ces schistes le nom demaciyno alpin-, mais nous leur conservons celui de flysch. Ils sontdéveloppés simultanément avec les calcaires à Nummulites dansles montagnes qui traversent les cantons d'Appenzell, de Schwitz ,d’Unterwald, de Berne, du Valais , pénétrant par le Buet et les Fizdans la Savoie et le Dauphiné. Sous les calcaires à Nummulitesvient, comme on l’a dit, dans les cantons d’Appenzell et de Schwitz ,le calcaire que M. Escher a désigné par le nom de calcaire deSeewen .
Mais en reprenant ce sujet l’année suivante, dans une lettreadressée à M. Broun, M. Stucler (2) dit que, si l’on ne voulait pointplacer dans le terrain tertiaire la plus grande masse des Alpes cal-caires et schisteuses de la Suisse , on serait réduit à regarder aussicomme crétacé le terrain du calcaire yrossier de Paris , les fossilesde ce dernier étant en grande partie identiques avec ceux des cou-ches à Nummulites des Alpes qui, réunies au flysch placé au-des-sus, atteignent peut-être une puissance de plusieurs milliers demètres. D’un autre côté, les poissons des schistes de Glaris avaientdéterminé M. Agassiz (3) à ranger ces mêmes schistes dans la craie ;mais comme, sur Al espèces décrites, aucune n’est signalée ailleursdans des couches incontestablement crétacées, la conclusion déduitedes ichlhyolites n’est plus qu’un argument négatif; d’ailleurs ellene repose que sur des analogies de genre, dont nous parlerons plus
(1) Cette restriction de l’auteur provient sans doute de quelquescoquilles de ces deux genres, qui auront été rapportées à tort auxcouches à Nummulites, où leur présence n’a jamais été authenti-quement constatée.
(2) Neu. Jahrh. , 1843, p. 307. — Nous reproduisons ici lestermes dont s’est servi M. Studer dans une lettre qu’il nous a faitl’honneur de nous adresser au mois d’avril 1848.
(3) Tableau général des poissons fossiles, in-4. Neuchâtel . 1844.