I)E LA PREMIÈRE PARTIE.
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on pas supposer que, pendant la seconde moitié de la période tertiaireinférieure, cette portion du globe s’est trouvée partout dans desconditions physiques différentes de celles qui l’avaient précédéecomme de celles qui l’ont suivie ; pendant ces dernières, la mer,occupant une partie de son ancien domaine, déposa les sédiments,essentiellement marins, des formations moyenne et supérieure ?
Si l’on ajoute aux caractères importants que nous venons de rap-peler la continuité des dépôts, depuis les côtes occidentales de l’Eu-rope jusqu’aux frontières de la Chine , continuité telle qu’aucunautre terme de la série ne nous en offre un exemple plus com-plet, puis leur disposition évidemment transgressive par rapportaux derniers sédiments secondaires envisagés dans leur généralité,enfin l’absence sur cette surface asiatico-méditerranéenne d’au-tres strates que l’on puisse rapporter au terrain tertiaire inférieurdu nord-ouest de l’Europe, on aura l’expression la plus simple,le résultat le plus concis de ce qui est acquis à la géologie surl’histoire de la période nummulitique.
Mais la science ne se borne pas à enregistrer les faits, à les coor-donner et à les grouper à un point de vue isolé et en quelque sortematériel : elle doit encore rechercher les lois dont ils sont plus par-ticulièrement l’expression à nos regards, et la connaissance de ceslois conduit à ce que l’on appelle une théorie. Or il est peu departies des connaissances humaines où les théories aient joué unplus grand rôle que dans la géologie, et, dans celle science,les couches nummulitiques sont un des sujets qui ont le plusexercé notre propension à généraliser. Nous sommes loin de vouloirnous soustraire à l’obligation de rendre compte de celte partie spé-culative et si importante de notre sujet, mais comme l’une des prin-cipales théories que nous avons à analyser repose sur un mode deconsidérations que nous n’avons pas abordé jusqu’ici, parce qu’iln’est pas possible d’en traiter isolément, à chaque formation ou àchaque terrain; et cela à cause de l’enchaînement nécessaire et dela solidarité qui existent entre les diverses parties de ce que l’on aappelé la théorie des soulèvements, nous traiterons de la for-mation nummulitique sous ce point de vue particulier, lorsqu’a-près avoir parcouru toute la série des dépôts sédimentaires nouspourrons suivre le célèbre géologue qui a donné tant d’éclat à cegenre de recherches, en remontant la succession des âges de laterre, depuis les premiers ridements de son écorce solide jusqu’auxdernières manifestations des effets mécaniques de ses forces in-