LIVRE XII.
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contrés tous deux, connue nous l’avons dit ailleurs, pendant les guerresd’Italie, et, au lieu de ces farouches guerriers vomis par la révolutionfrançaise, qu’on dépeignait en Europe comme des profanateurs del'autel, comme des assassins des prêtres émigrés, Pie VII , alors évêqued’Imola , avait trouvé un jeune homme plein de génie, parlant commelui la langue italienne, montrant les sentiments les plus modérés,maintenant l'ordre, faisant respecter les temples, et, loin de pour-suivre les prêtres français , usant de son pouvoir pour obliger les églisesitaliennes à les recevoir et à les nourrir. Surpris et charmé, l’évêqued'Imola contint l’esprit insubordonné des Italiens de son diocèse, etrendit au général Bonaparte les services que son église en avait reçus.L’impression produite par ces premières relations ne s’effaça jamais ducœur du pontife, et influa sur toute sa conduite envers le général de-venu consul et empereur : preuve frappante qu’en toutes choses, petitesou grandes, un bien n’est jamais perdu. Plus tard, en effet, lorsque leconclave était assemblé à Venise pour donner un successeur à Pie VI ,mort prisonnier à Valence , le souvenir des premiers actes du généralde l’armée d’Italie avait influé, d’une manière pour ainsi dire provi-dentielle, sur le choix du nouveau pape.
On se souvient qu'au moment même où Pie Vil était préféré par leconclave, dans l’espérance de trouver en lui un conciliateur, qui rap-procherait Rome de la France , et terminerait peut-être les maux del'Eglise, le premier consul gagnait la bataille de Marengo, devenaitdu même coup maitre de l’Italie, dominateur de l'Europe , et envoyaitun émissaire, le neveu de l’évêque de Vcrceil, pour annoncer ses in-tentions au pontife récemment élu. Il lui faisait dire qu’en attendantdes arrangements ultérieurs, la paix entre la France et Rome existeraitde fait, sur le pied du traité de Tolenlino, signé en 1797 ; qu'il neserait plus parlé tic la république romaine inventée par le directoire,que le saint-siège serait rétabli et reconnu par les Français, commedans les temps anciens. Quant à la question de savoir si on rendrait àl’Église les trois grandes provinces perdues, Bologne, Ferrare , la Ro-magne, on n’en avait pas dit un mot. Mais le pape était replacé surson trône, il avait la paix. Le reste, il l'abandonnait à la Providence.Le premier consul avait de plus ordonné aux Napolitains d évacuer lesÉtats romains, qu’ils avaient évacués en effet, sauf les enclaves de Bé-névent et Ponle-Corvo . En outre, dans tous les mouvements de ses ar-mées autour de Naples et d'Otrante , le premier consul avait prescrit