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Tome II.
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SECOND DIALOGUE.

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« est un gain juste, honnête, et qui me suffit?» Penser est un travail pour moi très-pénible, qui» me fatigue, me tourmente et me déplaît ; travail-» 1er de la main et laisser ma tête en repos me-» crée et mamuse. Si jaime quelquefois a penser ,» cest librement et sans gêne, en laissant aller a» leur gré mes idées , sans les assujettir à rien. Mais» penser à ceci ou à cela par devoir, par métier,» mettre à nies productions de la correction , de la« méthode, est pour moi le travail dun galérien;» et penser pour vivre, me paroit la plus pénible» ainsi que la plus ridicule de toutes les occupations,« Que dautres usent de leurs talents comme il leur» plaît, je ne les en blâme pas; mais pour moi je» nai jamais voulu prostituer les miens tels quels.» en les mettant à prix, sûr que celte vénalité« même les auroit anéantis. Je vends le travail de» mes mains , mais les productions de mon âme ne» sont point à vendre ; c'est leur désintéressemen t» qui peut seul leur donner de la force et de lélé-» vation. Celles (pie je ferois pour de largent n'en» vaudroient guère , et men rendroient encore» moins.

» Pourquoi vouloir que je fasse encore des livres,« quand jai dit tout ce que j'avois à. dire, et quilv ne me resteroifc que la ressource, trop chétive» à mes yeux, de retourner et répéter les mêmes» idées? A quoi bon redire une seconde fois et mal« ce que jai dit une fois de mon mieux? Ceux qui

ont la démangeaison de parler toujours trouvent» toujours quelque chose à dire; cela est aisé pour