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SECOND DIALOGUE.
» qui ne veut qu’agencer des mots, mais je n’aija-» mais été tenté de prendre la plume que pour direj» des choses grandes, neuves et nécessaires, et non« pas pour rabâcher. J’ai fait des livres , il est vrai,
» mais jamais je ne fus un livrier. Pourquoi faire» semblant de vouloir que je fasse encore des li-» vres, quand en effet on craint tant que je n’en» fasse , et qu’on met tant de vigilance à m’en ôter» tous Les moyens ? On me ferme l’abord de toutes» les maisons , hors celles des fauteurs de la ligue.
» On me cache avec le plus grand soin la demeureT> et l’adresse de tout le monde. Les suisses et les» portiers ont tous pour moi des ordres secrets , au-« très que ceux, de leurs maîtres ; on ne me laisse» plus de communication avec les humains, même» pour parler : me permettroit-on d’écrire ? On me» laisseroit peut-être exprimer ma pensée afin de» la savoir, mais très-certainement on m’empêche-» roit bien de la dire au public.
» Dans la position où je suis, si j’avois a faire» des livres , je n’en devrois et n’en youdrois faire» que pour la défense de mon honneur, pour con-» fondre et démasquer les imposteurs qui le diffa-» ment : il ne m’est plus permis , sans me manquer» à moi-même, de traiter aucun autre sujet. Quandï> j’aurois les lumières nécessaires pour percer cetj) abîme de ténèbres où l’on m’a plongé, et pour» éclairer toutes ces trames souterraines , y a-t-il du» bon sens a supposer qu’on me laisseroit faire, et3» que les gens qui disposent de moi souffriroient» que j’instruisisse le public de leurs manoeuvres