SECOND DIALOGUE.
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sédoit mal et dont il tiroit si peu de profit, mêmeen taxant si haut son ouvrage. Il ne se fût pointmis , comme il a fait , dans la dépendance de qui-conque vient, armé d’un chiffon de musique , luidébiter son amphigouri, ni des valets insolents quiviennent, dans leur arrogant maintien , lui décelerles sentiments cachés des maîtres. Il n'eût pointperdu si souvent le salaire de son travail , ne se fûtpoint fait mépriser du peuple , et traiter de juif parle philosophe Diderot , pour ce travail même. Tousces profits mesquins sont méprisés des grandesâmes. L’illustre Diderot , qui ne souille point scsmains d’un travail mercenaire, et dédaigne les petitsgains usuriers , est aux yeux de l’Europe entière unsage aussi vertueux que désintéressé , et le copisteJean-Jacques , prenant dix sous par page de sontravail pour s’aider à vivre , est un juif que son avi-dité fait universellement mépriser. Mais en dépitde son âpreté , la fortune paroît avoir ici tout remisdans l’ordre, et je ne vois point que les usures dujuif Jean-Jacques l’aient rendu fort riche , ni quele désintéressement du philosophe Diderot l’ait ap-pauvri. Eh ! comment peut-on ne pas sentir quesi Jean-Jacques eût pris cette occupation de copierde la musique uniquement pour donner le changeau public , ou par affectation , il n’eut pas man-qué , pour ôter cette arme a ses ennemis et se faireun mérite de son métier, de le faire au prix desautres , ou même au-dessous ?
LeFr. L’avidité ne raisonne pas toujours bien.
Roess. L’animosité raisonne souvent plus mal