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Tome II.
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SECOND DIALOGUE.

encore. Cela se sent à merveille quand on examineles allures de vos messieurs, et leurs singuliersraisonnements qui les décèleroient bien vite auxyeux de quiconque y voudroit regarder et ne parta*geroit pas leur passion.

Toutes ces objections m'étaient présentes quandjai commencé d'observer notre homme; mais en levoyant familièrement , jai senti bientôt et je seusmieux chaque jour que les vrais motifs qui le dé-terminent dans toute sa conduite se trouvent rare-ment dans son plus grand intérêt, et jamais dans lesopinions de la multitude. Il les faut chercher plusprès de lui si lon ne veut sabuser sans cesse.

Dabord , comment ne sent-on pas que pour tirerparti de tous ces petits talents dont on parle , il enfaudroit un qui lui manque , savoir celui de lesfaire valoir. II faudroit intriguer , courir k son âgede maison en maison, faire sa cour aux grands , auxriches , aux femmes , aux artistes, à tous ceux donton le laisscroit approcher ; car on mettroit le mêmechoix aux gens dont on lui permettroit laccès quonmet à ceux à qui l'on permet le sien , et parmi les-quels je ne serois pas sans vous.

Il a fait assez d'expériences de la façon dont letraiteroient les musiciens * s'il se mettait à leurmerci pour l'exécution de ses ouvrages , comme ily seroit forcé pour en pouvoir tirer parti. Jajouteque quand même , à force de manège , il poiirroitréussir , il devroit toujours trouver trop chers dessuccès achetés à ce prix. Pour moi, du moins, pen-sant autrement que le public sur le véritable hon-