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SECOND DIALOGUE.
dans toute œuvre où il faut que l’esprit agisse, quel-que peu que ce puisse être. Il n’est avare ni de sontemps ni de sa peine 3 il ne peut rester oisif sanssouffrir 3 il passeroit volontiers sa vie à bêcher dansun jardin pour y rêver a son aise : mais ce seroitpour lui le plus cruel supplice de la passer dans unfauteuil, en fatiguant sa cervelle à chercher des rienspour amuser des femmes.
De plus , il déteste la gêne autant qu’il aime l’oc-cupation. Le travail ne lui coûte rien , pourvu qu’ille fasse a son heure , et non pas à celle d’autrui. Ilporte sans peine le joug de la nécessité des choses,mais non celui delà volonté des hommes. Il aimeramieux faire une tâche double en prenant son temps,qu’une simple au moment prescrit.
A-t-il une affaire, une visite, un voyage à faire ? ilira sur-le-champ, si rien ne le presse 3 s’il faut aller àl’instant, il regimbera. Le moment où, renonçantà tout projet de fortune pour vivre au jour la jour-née, il se défit de sa montre , fut un des plus douxde sa vie. Grâces au ciel, s’écria-t-il dans un trans-port de joie, je n’aurai plus besoin de savoir l’heurequ’il est.
S’il se plie avec peine aux fantaisies des autres,ce n’est pas qu’il en ait beaucoup de/son chef. Ja-mais homme ne fut moins imitateur, et cependantmoins capricieux. Ce n’est pas sa raison qui l’em-pêche de l’être , c’est sa paresse 3 car les capricessont des secousses de la volonté dont il craindroit lafatigue. Rebelle à toute autre volonté, il ne sait pasmême obéir à la sienne , ou plutôt il trouve si fati-