SECOND DIALOGUE.
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ncur , j’en trouve beaucoup plus à copier chez soide la musique a tant la page, qu’a courir cloporte enporte pour y souffrir les rebuffades des valets, lescaprices des maîtres, et faire partout le métier de ca-joleur et de complaisant.Voilà ce que tout esprit ju-dicieux devroit sentir lui-même ; mais l’étude particu-lière de l’homme ajoute un nouveau poids atout cela.
Jean-Jacques est indolent, paresseux, commetous les contemplatifs: mais cette paresse n’est quedans sa tête. Il ne pense qu’avec effort: il se fatigueà penser, il s’effraie de tout ce qui l’y force, à quel-que foibîe degré que ce soit ,• et s’il faut qu’il ré-ponde à un bonjour dit avec quelque tournure , ilen sera tourmenté. Cependant il est vif, laborieuxà sa manière. II ne peut souffrir une oisiveté ab-solue : il faut que ses mains , que ses pieds , queses doigts agissent, que son corps soit en exercice ,et que sa tête reste en repos. Voilà d’où vient sapassion pour la promenade ; il y est en mouvementsans être obligé uj penser. Dans la rêverie on n’estpoint actif. Les images se tracent dans le cerveau ,s’y combinent comme dans le sommeil, sans le con-cours de la volonté ; on laisse à tout cela suivre samarche, et l’on jouit sans agir. Mais quand on veutarrêter , fixer les objets , les ordonner, les arranger , c’est autre chose ; on y met du sien. Sitôt quele raisonnement et la réflexion s’en mêlent , laméditation n’est plus un repos , elle est une actiontrès-pénible ; et voilà la peine qui fait l’effroi de«lean-Jacques, et dont la seule idée l’accable et lerend paresseux. Je ne l’ai jamais trouvé tel , que