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Tome II.
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SECOND DIALOGUE.

h vivre avec les méchants, et je ne crois pas quilsensuiye de que je sois un méchant moi-même.

Rouss. 11 sensuit tout le contraire ; et non-seu-lement les méchants aiment à vivre entre eux ,mais leurs écrits comme leurs discours sont rem-plis de peintures effroyables de toutes sortes deméchancetés. Quelquefois les bons sattachent demême à les peindre, mais seulement pour les ren-dre odieuses : au lieu que les méchants ne se ser-vent des mêmes peintures que pour rendre odieuxmoins les vices que les personnages quils ont en vue.Ces différences se font bien sentir à la lecture, etles censures vives, mais générales, des uns sy distin-guent facilement des satires personnelles des autres.Rien nest plus naturel à un auteur que de soccu-per par préférence des matières qui sont le plusde son goût. Celui de Jean-Jacques, en lattachanta la solitude, atteste, par les productions dont ilsy est occupé, quelle espèce de charme a pu lyattirer et l'y retenir. Dans sa jeunesse, et durantses courtes prospérités , nayant encore a se plaindrede personne, il naima pas moins la retraite quillaime dans sa misère. Il se partageoit alors avecdélices entre les amis quil croyoit avoir et la dou-ceur du recueillement. Maintenant si cruellementdésabusé, il se livre à son goût dominant sans par-tage. Ce goût ne le tourmente ni ne le ronge ; il nele rend ni triste ni sombre $ jamais il ne fut plus sa-tisfait de lui-même, moins soucieux des affairesdautrui, moins occupé de ses persécuteurs, pluscontent ? ni plus liçureux, autant quon peut Iétre