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Tome II.
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SECOND DIALOGUE.

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plus dindolence que dambition. Tel est et fut tou-jours Jean-Jacques : ardent et vif par tempérament,il na pu dans sa jeunesse être exempt de toute es-pèce de convoitise ; et c'est beaucoup sil lest tou-jours, même aujourdhui. Mais quelque désir qu'ilait pu former, et quel quen ait pu être lobjet, sidu premier effort il na pu l'atteindre, il fut toujoursincapable dune longue persévérance a y aspirer.

Maintenant il paroît ne plus rien désirer. Indif-férent sur le reste de sa carrière, il en voit avec plaisirapprocher le terme, mais sans l'accélérer même parses souhaits. Je doute que jamais mortel ait mieuxet plus sincèrement dit à Dieu , que ta volonté soitfaite; et ce nest pas, sans doute, une résignationfort méritoire à qui ne voit plus rien sur la terre quipuisse flatter son cœur. Mais dans sa jeunesse, lefeu du tempérament et de làge dut souvent enflam-mer ses désirs, il en put former dassez vifs , maisrarement dassez durables pour vaincre les obstacles,quelquefois très-surmontables , qui Varrêtoient. Endésirant beaucoup, il dut obtenir fort peu, parceque ce ne sont pas les seuls élans du cœur qui fontatteindre à lobjet, et quil y faut dautres moyensquil na jamais su mettre en œuvre. La plus incroyabletimidité , la plus excessive indolence, auroient cédéquelquefois peut-être a la force du désir, sil n'eûttrouvé dans cette force même lart déluder lessoins quelle sembloit exiger, et cest encore ici desclefs de son caractère celle qui en découvre le mieuxles ressorts. A force de soccuper de lobjet quilconvoite, à force dy tendre par ses désirs, sa bien-