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SECOND DIALOGUE.
faisante imagination arrive au terme, en sautantpar-dessus les obstacles qui l’arrêtent ou l’effarou-chent. Elle fait plus; écartant de l’objet tout cequ‘il ai d’étranger a sa convoitise, elle ne le lui pré-sente qu’approprié de tout point a son désir. Par lases fictions lui deviennent plus douces que des réali-tés mêmes ; elles en écartent les défauts avec les dif-ficultés, elles les lui livrent préparées tout exprèspour lui, et font que désirer et jouir ne sont pourlui qu’une même chose. Est-il étonnant qu'un hommeainsi constitué soit sans goût pour la vie active?Pour lui pour chasser au loin quelques jouissancesimparfaites et douteuses, elle lui ôteroit celles quivalent cent fois mieux, et sont toujours en son pou-voir. Il est plus heureux et plus riche par la posses-sion des biens imaginaires qu’il crée, qu’il ne leseroit par celle des biens, plus réels si l’on veut,mais moins désirables, qui existent réellement.
Mais cette même imagination, si riche en tableauxriants et remplis de charmes, rejette obstinément lesobjets de douleur et de peine , ou du moins elle neles lui peint jamais si vivement que sa volonté ne lespuisse effacer. L’incertitude de l’avenir, et l’expé-rience de tant de malheurs, peuvent l’effaroucher al’excès des maux qui le menacent, en occupant sonesprit des moyens de les éviter. Mais ces maux sont-ils arrivés, il les sent vivement un moment, et puisles oublie. En mettant tout au pis dans l’avenir, il sesoulage et se tranquillise. Quand une fois le malheurest arrivé, il faut le souffrir sans doute, mais onn’est plus forcé d’y penser pour s’en garantir ; c’est