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SECOND DIALOGUE.
putation des actions des hommes, mais qui ne sevantent pas , que je sache, de faire cette distributionavec justice et désintéressement. Abhorrant la satireautant qu'il aimoit la vérité, on le vit toujours dis-tinguer honorablement les particuliers et les com-bler de sincères éloges, lorsqu’il avançoit des vérités,générales dont ils auroient pu s’offenser. Il faisoitsentir que le mal tenoit à la nature des choses , etle bien aux vertus des individus. Il faisoit, et pourses amis et pour les auteurs qu’il jugeoit estimables,les mêmes exceptions qu’il croyoit mériter; et l’onsent, en lisant ses ouvrages, le plaisir que prenoitson cœur a ces honorables exceptions. Mais ceuxqui s’en sentoient moins dignes qu’il ne les avoitcrus, et dont la conscience repoussoit en secret ceséloges, s’en irritant à mesure qu’ils les méritoientmoins, ne lui pardonnèrent jamais d’avoir si biendémêlé les abus d’un métier qu’ils tâchoient de faireadmirer au vulgaire, ni d’avoir, par sa conduite,déprisé tacitement, quoique involontairement, laleur. La haine envenimée que ces réflexions firentnaître dans leurs cœurs leur suggéra le moyen d’enexciter une semblable dans les cœurs des autreshommes.
Ils commencèrent par dénaturer tous ses prin-cipes , par travestir un républicain sévère en unbrouillon séditieux, son amour pour la liberté légaleen une licence effrénée, et son respect pour les loisen aversion pour les princes. Ils l’accusèrent de vou-loir renverser en tout l’ordre de la société, parcequ’il s’indignoit qu’osant consacrer sous ce nom les