Band 
Tome II.
Seite
86
JPEG-Download
 

86

SECOND DIALOGUE.

putation des actions des hommes, mais qui ne sevantent pas , que je sache, de faire cette distributionavec justice et désintéressement. Abhorrant la satireautant qu'il aimoit la vérité, on le vit toujours dis-tinguer honorablement les particuliers et les com-bler de sincères éloges, lorsquil avançoit des vérités,générales dont ils auroient pu soffenser. Il faisoitsentir que le mal tenoit à la nature des choses , etle bien aux vertus des individus. Il faisoit, et pourses amis et pour les auteurs quil jugeoit estimables,les mêmes exceptions quil croyoit mériter; et lonsent, en lisant ses ouvrages, le plaisir que prenoitson cœur a ces honorables exceptions. Mais ceuxqui sen sentoient moins dignes quil ne les avoitcrus, et dont la conscience repoussoit en secret ceséloges, sen irritant à mesure quils les méritoientmoins, ne lui pardonnèrent jamais davoir si biendémêlé les abus dun métier quils tâchoient de faireadmirer au vulgaire, ni davoir, par sa conduite,déprisé tacitement, quoique involontairement, laleur. La haine envenimée que ces réflexions firentnaître dans leurs cœurs leur suggéra le moyen denexciter une semblable dans les cœurs des autreshommes.

Ils commencèrent par dénaturer tous ses prin-cipes , par travestir un républicain sévère en unbrouillon séditieux, son amour pour la liberté légaleen une licence effrénée, et son respect pour les loisen aversion pour les princes. Ils laccusèrent de vou-loir renverser en tout lordre de la société, parcequil sindignoit quosant consacrer sous ce nom les