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Tome II.
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SECOND DIALOGUE.

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plus funestes désordres, on insultât aux misères dugenre humain en donnant les plus criminels abuspour les lois dont ils sont la ruine. Sa colère contreles brigandages publics, sa haine contre les puissantsfripons qui les soutiennent, son intrépide audace àdire des vérités dures â tous les états, furent autantde moyens employés à les irriter tous contre lui.Pour le rendre odieux à ceux qui les remplissent,on laccusa de les mépriser personnellement. Lesreproches durs , mais généraux , quil faisoit a tousfurent tournés en autant de satires particulières donton ht avec art les plus malignes applications.

Rien ninspire tant de courage que le témoignagedun cœur droit, qui tire de la pureté de ses inten-tions laudace de prononcer hautement et sans craintedes jugements dictés par le seul amour de la justiceet de la vérité : mais rien nexpose en même tempsà tant de dangers et de risques de la part dennemisadroits que cette même audace, qui précipite unhomme ardent dans tous les pièges quils lui ten-dent ; et, le livrant à une impétuosité sans règle,lui fait faire contre la prudence mille fautes netomba quune âme franche et généreuse , mais quilssavent transformer en autant de crimes affreux. Leshommes vulgaires , incapables de sentiments élevéset nobles, nen supposent jamais que dintéressésdans ceux qui se passionnent 5 et, ne pouvant croireque lamour de la justice et du bien public puisseexciter un pareil zèle , ils leur controuvent toujoursdes motifs personnels, semblables à ceux quils ca-chent eux-mêmes sous des noms pompeux, et sans