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SECOND DIALOGUE.
choses les plus contraires à leurs idées l’interpréta-tion qui les y peut ramener. Les personnes crue vouscroyez impartiales ont-elles pris les précautions né-cessaires pour surmonter ces illusions.
Le Fr. Mais, M. Rousseau, y pensez-vous, etqu’exigez-vous là du public? Avez-vous pu croirequ’il examineroit la chose aussi scrupuleusementque vous ?
Rouss. Il en eut été dispensé sans doute , s’il sefût abstenu d’une décision si cruelle. Mais en pro-nonçant souverainement sur l’honneur et sur la des-tinée d’un homme , il n’a pu sans crime négliger au-cun des moyens essentiels et possibles de s’assurerqu’il prononçoit justement.
Vous méprisez, dites-vous, un homme abject, etne croirez jamais que les heureux penchants quej’ai cru voir dans Jean-Jacques puissent compatiravec des vices aussi bas que ceux dont il est accusé.Je pense exactement comme vous sur cet article ;mais je suis aussi certain que d’aucune vérité quime soit connue que cette abjection, que vous luireprochez, est de 'tous les vices le plus éloigné deson naturel. Bien plus prés de l’extrémité contraire,il a trop de hauteur dans l’âme pour pouvoir tendreà l’abjection. Jean-Jacques est foible,sans doute,et peu capable de vaincre ses passions 5 mais il nepeut avoir que les passions relatives, à son carac-tère , et des tentations basses ne sauroient appro-cher de son cœur. La source de toutes ses consola-tions est dans l’estime de lui-même. Il seroit le plusvertueux des hommes si sa force répondoit à sa vo-