Band 
Tome II.
Seite
105
JPEG-Download
 

SECOND DIALOGUE.

105

maison très-estimable, la mère et trois filles char-mantes , toutes trois dans la fleur de lâge et de labeauté, laccabloient à lenvi damitiés et de cares-ses ? Est-ce en abusant de cette familiarité près deces jeunes personnes , est-ce par des manières ou despropos libres avec elles quil mérita lindigne et nou-vel accueil qui lattendoit à Paris en les quittant?et meme encore aujourdhui, des mères très-sagescraignent-elles de mener leurs filles chez ce terriblesatyre, devant lequel ces autres- nosent laisserun moment les leurs, chez elles, et en leur pré-sence? En vérité, que des farces aussi grossièrespuissent abuser un moment des gens sensés, il fauten être témoin pour le croire.

Supposons un moment quon eut osé publier toutcela dix ans plus tôt, et lorsque lestime des honnê-tes gens, quil eut toujours dès sa jeunesse, étoitmontée au plus haut degré : ces opinions, quoiquesoutenues des mêmes preuves, auroient-elles acquisle même crédit chez ceux qui maintenant sempres-sent de les adopter ? Non, sans doute ; ils les auroientrejetées avec indignation. Iis auroient tous dit :a Quand un homme est parvenu jusquà cet âge» avec lestime publique ; quand, sans patrie, sansa fortune et sans asile, dans une situation gênée, et» forcé, pour subsister, de recourir sans cesse auxa expédients, on nen a jamais employé que dho-« norables, et quon sest fait toujours considérera et bien vouloir dans sa détresse, on ne commence« pas après lâge mûr, et quand tous les yeux« sont ouverts sur nous , à se dévoyer de la droite