TROISIÈME DIALOGUE. 131
« en avançant, parce que, la vanité de juger faisant» encore plus de progrès que les lumières , chaque» vérité qu’ils apprennent ne vient qu’avec cent ju-» gements faux. Il est de la dernière évidence que» les compagnies savantes de l’Europe ne sont que» des écoles publiques de mensonge; et très-sûre-a ment il y a plus d’erreurs dans l’Académie des * sciences , que dans tout un peuple de Hurons. »(Emile, liv. ni.)
2. « Tel fait aujourd’hui l’esprit fort et le philo-» sophe, qui, par la même raison, n'eût été qu’un" fanatique du temps de la ligue. (Préface du J0«-cours sur les sciences.)
3. « Les hommes ne doivent point être instruits» a demi. S’ils doivent rester dans l’erreur, que ne» les laissiez-vous dans l’ignorance ? A quoi bon tant» d’écoles et d’universités pour ne leur apprendre» rien de ce qui leur importe à savoir? Quel est» donc l’objet de vos collèges, de vos académies,» de toutes vos fondations savantes? Est-ce de don-» ner le change au peuple, d’altérer sa raison d’a-» vance et de l’empêcher d’aller au vrai ? Profes-« seurs de mensonge, c’est pour l’égarer que vo us» feignez de l’instruire, et, comme ces brigands qui» mettent des fanaux sur les écueils , vous l’éclairez» pour le perdre. » (Lettre à M. de Beaumont.)
4. « On lisoit ces mots gravés sur un marbre aux» Thermopyles : Passant ; va dire à Sparte que nousv sommes morts ici pour obéir à ses saintes lois. On» voit bien que ce n’est pas l’Académie des inscrip-
tions qui a composé celle-là. » (Emile , liv. iv.)