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15 Aoiît,
Le jeu des clochettes de Datvedro's sur lesquelles on jouait à coups de mar-teau en guise de nos carillons , m'annonçait la mémorable journée ; ce son defête me fit impression : à peine fut-il jour que j’entendis du bruit en bas. Sansdéranger mon camarade de nuit, je décampais doucement, avec armes et ba-gages*, descendu , j’y trouve l’hôte occupé à découper un quartier de bœuf; ilparut étonné de me voir si matineux, ayant demandé de l’eau à me laver,il me conduisit à un robinet qu’il tournait, j’en reçus dans les mains pourm’en laver le visage , mais sa puanteur me la fit quitter à la minute. Je visles rochers qui étaient nus hier, couverts de neige; il en tombe souvent iciau milieu de l’été. Je déjeûnais au pain, un énorme plat à différentes sortes defromage me laissa le choix , et une cruche de ce bon vin d’hier me servit decafé et partiellement à me laver la figure et les mains , afin de faire passerl’odeur pestilentielle que l’eau y avait laissée , mais ce fut peine inutile. Troisquarts ivre, je paye 12 batses et me remets en route ; je passe ainsi à quatreheures du matin , la gorge qui mène de Davedro à la grande route du Simpl-on ,où l’on voit de beaux maronniers. Je laisse le hameau de Trasquéras à la droitesur une hauteur ; tout est précipice et rocher inspirant la terreur. A ïsella estla douane italienne ; c’est le dernier village piémontais ; je passais une galeriede plus de aoo pas de long et qui a trois ouvertures sur la rivière pour l’éclairer ;Ces passages souterrains taillés dans le roc vif ont a 5 pieds de hauteur et sontà peu-près aussi larges que la chaussée , qui est de gravier et 11’a par tout quedeux pouces et demi de pente par toise. Cette route est bordée du côté desprécipices par des pilliers uniformes de granit, sur .lesquels reposaient autre-fois des morceaux de bois qui formaient ainsi de belles balustrades ; mais laplus grande partie en est démontée. Le Valais ni le Piémont ne savent entre-tenir un pareil monument. Il est à craindre que cette belle œuvre deviendrapar le temps impraticable aux voitures , qui peuvent toujours y aller au trot.
On trouve bientôt une superbe cascade à Gundz , premier hameau Suisse ,santon, du Valais . Une galerie de 80 pas de long conduit à une gorge étroite;le chemin est coupé tantôt à droite, tantôt à gauche du précipice qu’on fran-chit par de beaux ponts; on y voit quelques chétives maisonnettes, qu’on nepeut atteindre qu’en passant par des sapins jettes par dessus le gouffre. J’arri-