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Promenade aux Alpes / C. A. Snoeck
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PROMENADE

bres. Nous ayant demandé' si nous voulions des chambres séparées, pour le saxonet moi, nous préférâmes une à deux lits ; mon camarade habitué à fumer sapipe le soir en demanda la permission , sur quoi on lui répondit de faire commechez soi. Notre chambre au premier donnait avec une double fénêtre sur le de-vant de lhospice , je dis une double fénêtre, car toutes le sont à cause dufroid, il y a un pied de vide entre deux. Le saxon arrangeait ses plantes enfumant sa pipe, tandis que j écrivis.

On ne parle ici aux voyageurs, ni de passeports , ni de leur pays , ni de leurreligion. Catholique-Romains ou Turcs, tous sont également reçus et traités.Le bâtiment est garni en dedans en bois , quoique lair soit ordinairement *plussec sur les hauteurs que dans les régions inférieureslhospice plongé dans lesneiges, pendant 8 mois de lannée, est dune humidité extrême ; les mois de mars ,avril et mai y sont très-nuisibles à la santé , et si après quelques années de serviceles religieux ne quittent ce climat, pour rentrer dans les vallées inférieures,cen est bientôt fait de leur vie. Jen ai vu un exemple à table , un des religieuxqui y était à sa douzième année de résidence , était réduit à ne pouvoir se fairecomprendre quavec peine , aussi il fut sur le point de quitter ; il est rare denvoir tenir à ce terme. Un grand nombre de voyageurs arrivant St.-Bernardnous dit le prieur de lhospice Mr. Biseloc sattendent à y trouver des chanoinesà cheveux blancs comme la neige quils habitent ; on est surpris de ny rencon-trer que de jeunes religieux, dont lâge dépasse rarement 35 ans, et qui sontla plupart entre 20 et 3o. Les jeunes gens seuls qui jouissent dune parfaitesanté , et dun tempérament robuste, peuvent supporter pendant quelque tempsce climat. Les personnes délicates y ont tant de peine à respirer quon en a vutomber en défaillance faute dair. On a remarqué quil faut y doubler , mêmetripler la dose de médicamens à administrer aux malades. Les plaies y ontégalement besoin de deux à trois fois plus de temps à cicatriser que dans lesrégions inférieures.

On sait que les soins charitables ne se bornent pas à bien traiter les voya-geurs à lhospice, mais aussi daller à la recherche<Ie ceux qui sont en route, pen-dant les tempêtes, journées neigeuses etc. quatre marronniers, (hommes attachésà l hospice habillés en petit habit et culotte couleur marron ) et quelques fois lesreligieux accompagnés de ces chiens , dont tout le monde a entendu parler et dontun seul de la véritable race reste encore en si misérable état, quon craint quil ne